"C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule."


3.2.14

Rongrakatikatong



J'ai kiffé Le Poil quand c'était Java, j'ai fredonné Le Recyclé quand c'était Radio Cortex, j'ai bien bougé mon boule sur Paris Rockin' quand c'était avec Winston "Electric Dread" McAnuff et décidément, malgré ses innombrables mues, R.Wan me fait toujours autant rire... Un vrai poète parigot non ?


24.1.14

J'ai la mémoire qui flanche...




Bon, je vais poser ton sac de judo à côté de mon sac à main, comme ça, je suis sûre de penser à le prendre. Je remplis la feuille de rythme de la Mouette pour la crèche... Voilà, on est bon. Allez zou, on se dépêche, on va arriver en retard à l'école. Attends, je ferme la porte et après je prends Yoda, ok ? C'est marrant, j'ai l'impression d'oublier quelque chose... Ah ben oui, j'ai oublié de te mettre ton pschit dans le nez. Tant pis, on en mettra ce soir. Putain, mon téléphone ! Fluck, veux-je dire ! Sapristi de sa mère, j'ai oublié mon téléphone là-haut. Attends-moi, loulou, je remonte chercher mon téléphone. Tu sors pas dans la rue sans moi, hein ? Maintenant on court, on court, on est à la bourre. Enfin, pas trop vite quand même, parce que la Mouette va nous rendre son petit-dej' dans le porte-bébé. Bonjour tout le monde, bonjour la maîtresse, bonjour... toi dont j'ai totalement oublié le prénom. C'est quand, déjà, la visite médicale ? Le 7 février. Faut que je note ça quelque part, je sens que je vais zapper. Enlève ton manteau, loulou. Mais... t'as pas de pull ? Pourquoi t'as pas de pull ? Et merde, j'ai oublié de vérifier avant que tu mettes ton manteau. Crotte de bique, veux-je dire. Allô mon Brun ? T'es encore à la maison, là ? Tu peux faire un détour par l'école, parce que le nain est en chemise. Ceci n'est pas un code, hein. OK, je t'attends devant. Je te mettrai ton pull sur ton porte-manteau, mon chou, d'accord ? Tu le mets avant d'aller en récré. Bonne journée, mon coeur ! Aujourd'hui, c'est Maman-Clo qui vient te chercher. J'ai oublié de le dire à la maîtresse, tiens. Pas grave, elle est sur la liste et de toute façon, je pense que si Elvis lui-même descendait du Ciel en costume lamé pour venir chercher le Pois chiche, personne ne tilterait. Direction la crèche, c'est à ton tour ma choupette. On se déshabille... Je t'ai mis un pull à toi, c'est une bonne nouvelle. Bonjour... PAULINE ! Pardon, j'ai crié. C'est que ça m'est revenu d'un coup. La quoi ? Mais bien sûr, la feuille de rythme ! Alors, je vois parfaitement où elle est. Elle est sur la table du salon. Chez moi, c'est-à-dire. Donc pas du tout ici. Heureusement, je me souviens très bien à quelle heure elle a mangé. Ou presque très bien. Au revoir, ma douce ! A ce soir ! Faut pas que je traîne, moi, 6Francs m'attend déjà depuis une plombe. Je vais prendre le bus. Ça tombe bien, le voilà ! Bonjour monsieur. Oh là là, faut que je pense à racheter des tickets, il ne m'en reste que deux. Putain, j'ai oublié mon livre... Fait chier. Tant pis, je vais regarder IG, ça va m'occuper. Ah, on est déjà à Oberkampf. A Oberkampf ? Sauf qu'on a rendez-vous à Ledru Rollin. Je lui ai dit hier que ça m'arrangeait. Quand on n'a pas de tête, on a des jambes : je file prendre le métro. Mince Francis, je viens de me rendre compte que j'ai oublié de prendre l'écharpe dont je t'avais parlé, tu sais, celle que... C'est ça, celle que tu as autour du cou. Oui, oui, oui, ça me revient, je te l'ai apportée la semaine dernière. Bon, je vais peut-être aller bosser, moi. 12 h 45, c'est bientôt l'heure de manger ! Ça tombe bien, je crève la dalle. Tiens, un texto d'un numéro inconnu. "T'es où ?" Ça doit être une erreur. "C'est qui ?" Pas de réponse, tu vas voir que le gars va même pas prendre la peine de me dire que c'est une erreur. "Heu ben Opio et Peggy." AAAAAAAH, le déjeuner avec Opio et Peggy ! MAIS NON ! Mais c'était demain ! C'était demain, non ? J'étais sûre que c'était demain ! Aaaaah, mais pourquoi ? POURQUOI ? J'ai oublié d'ouvrir ma boîte mail, elles ont dû se fixer rendez-vous par mail ce matin. Mais donnez-moi un cerveau, bordel ! C'est foutu, c'est trop tard. Je me hais. Ouh là, j'avais pas vu l'heure. Faut que je me dépêche d'aller chercher la Mouette. Surtout que je dois m'arrêter pour lui acheter une boîte de lait, ça m'étonnerait que le Brun y ait pensé. Heureusement que je suis là pour penser à tout, je te jure. En parlant de penser à tout, je vais prendre le livre pour Sophie, ce soir. Ça fait au moins deux mois que je dois lui apporter. D'ailleurs, il y en avait un autre pour Peggy, faudra que je pense à le prendre la prochaine fois. Ah, le bus est là ! Fuck, j'ai plus de tickets. J'ai oublié d'en acheter. C'est pas grave, je vais prendre le métro. Et si j'achetais aussi de quoi faire des crêpes, pour le dîner ? "Bonsoir, vous n'oubliez pas qu'on fait la galette de la crèche, demain soir ?" Non, non, je ne pense qu'à ça. Je vais me le tatouer sur le front à côté de ma liste de course. Nan, je déconne. Je vais l'écrire quelque part. J'ai sûrement un papier qui traîne dans mon sac... Voilà, par exemple la facture de Facil'famille que j'ai manifestement oublié de payer. Cette carte que j'ai trouvée chez Merci, "Je n'oublierai plus de dire merci" : j'aurais dû prendre tout le stock. Viens ma Mouette, on va aller retrouver ton frère. J'ai même pensé à t'acheter du lait, c'est pas une bonne nouvelle ça ? Je suis une machine, j'oublie rien. Ce soir, je demande au Brun de me faire une crêpe jambon oeuf fromage, je commencerai à surveiller ma ligne demain. Mais que je suis con, putain ! Pardon, mon chat. Si si, t'as raison, c'est un gros mot. Fichue crétine des Alpes que je suis, je dîne dehors, ce soir ! Adieu ma crêpe jambon. En tout cas, le Brun, t'as pas intérêt à regarder Kaboul Kitchen sans moi. Kaboul Kitchen, c'est le lundi ? T'es sûr ? On a oublié de regarder, j'y crois pas ! Sérieux, faudrait que quelqu'un développe une appli où tu rentres tous les trucs auxquels tu dois penser. C'est ça, un agenda. Ouais, bon. En fait, faudrait plutôt une appli qui te rappelle à la fois de noter les trucs auxquels tu dois penser dans ton agenda ET de regarder ton agenda pour voir à quoi tu dois penser. Une mémoire, quoi.

Et je te jure que j'exagère à peine.

8.11.13

Auprès de ma Blonde



Le proverbe dit que c'est dans l'adversité qu'on reconnaît ses amis. C'est sûrement vrai, mais si tu veux mon avis, c'est surtout dans la maternité qu'on reconnait ceux sur qui on peut compter. Par exemple, il y a les gens avec qui tu as souvent échangé des serments fortement alcoolisés sur le coup de cinq heures du matin et qui continuent à t'appeler au milieu de la nuit (vers 21h30) pour te convaincre d'aller bouger ton boule au Macumba. Mais bien sûr. Et on a droit à l'happy hour sur les consos du Pois chiche ? Ou bien ceux qui sont convaincus que le Brun est le seul à avoir encore une vie sociale digne de ce nom (alors que bon, il n'a quand jamais été invité à un tricothé, que je sache). Ou encore ceux qui voudraient tellement pouvoir t'aider, mais qui ne prennent jamais le temps de boire un café (sauf si tu menaces de te pendre avec ton soutien-gorge d'allaitement)... Et puis, il y a les autres. Les amies qui longent ta route depuis si longtemps que tu les as pour ainsi dire toujours connues, et qui te tiennent à bout de bras quand tu craques, mais aussi toutes ces fées de la blogosphère, qui se sont penchées sur le berceau de la Mouette et l'ont couverte de cadeaux. Celles que je n'ai encore jamais vues, celles que j'ai eu la chance de croiser, celles que je vois régulièrement et celles qui font désormais partie de ma vie.

Pendant les vacances,  la Blonde et son brun m'ont accueillie dans leur palais bourguignon comme une reine - une reine qui trimballait dans ses bagages deux enfants, beaucoup d'angoisse et une immense fatigue. Alors merci à eux pour les promenades dans les vignes, le gratin de courgette, les oeufs en meurette et la pavlova, la chambre du Pacifique, les histoires de famille et la très belle rencontre. Merci pour la douceur de ces quelques jours dans l'animation chaleureuse d'une maison où il y a toujours un apéro au frais pour les copains de passage...


25.10.13

Bref...




23h00. « Je vais me coucher, ma douce. Je suis crevé. » Oui, oui, j'arrive dans cinq minutes.
23h45. Mais pourquoi je suis pas encore couchée ? Je le sais, pourtant, qu'il faut que je me couche plus tôt... En plus, je lui dis à chaque fois que j'arrive et après, je joue deux heures sur mon téléphone. Je suis vraiment une droguée du téléphone. Finalement, je vais peut-être me reprendre un vieux Nokia qui ne va pas sur Internet ? Ah non, mais je vais décéder si j'ai plus Instagram et Facebook. Faudrait que je me force à pas surfer le soir. Ouais... Allez zou, je vais me laver les dents et au lit.
00h00. Oh putain, il est minuit de la nuit ! Cette fois faut vraiment que je me couche. Et sans bruit, sinon je vais me faire engueuler par le Brun. Attends, y a pas une nouvelle publication sur IG ? Bon, je me fais une dernière partie de Ruzzle et je me couche.
00h45. « T'as vu l'heure ? T'es grave ! »
00h50. Mais pourquoi je me suis pas couchée plus tôt ? Rhaaaa, je regrette tellement ! Je sens que ça va être horrible. Je vais jamais réussir à me lever. Demain, promis-juré-craché, je me couche tôt. Extinction des feux à 22 heures tapantes. Allez, ferme les yeux et dors. Dors dors dors. Faut que je me détende, sinon je vais jamais m'endormir... Je vais jamais m'endormir. Je suis trop fatiguée pour dormir...
01h49. Mais non, déjà ?! Mais bon sang, tu faisais tes nuits il y a une semaine, tu te souviens ? Mais pourquoi ? POURQUOI ? J'ai envie de me pendre. Est-ce qu'au moins elle a vraiment faim ? Et si je lui remets juste la tétine ? Ah ben voilà, elle se rendort. Fallait juste lui remettre la tétine...
01h52. Raté. Bon, j'ai plus qu'à la nourrir. Je crois qu'elle va jamais faire ses nuits en fait. A 18 ans, elle viendra encore me réveiller pour que je lui donne à manger. Pire, elle dormira avec nous. Finalement, c'était peut-être pas une bonne idée de faire un deuxième enfant. J'ai pas la patience. J'ai besoin de trop de sommeil. Je suis qu'une merde. Bon, on se calme, je sais très bien que la nuit, je vois tout en noir. Demain, ça ira mieux. Ca y est, elle se rendort. Mais est-ce qu'elle a assez mangé ? A tous les coups, elle va se réveiller dans une heure. Tant pis, je la pose. Ne te réveille pas s'il te plaît, ne te réveille pas.
02h15. Et maintenant, dodo. On ne pense à rien, on se détend... Faut pas que j'oublie d'imprimer mon attestation de la sécu pour la crèche. Mais au fait, on est le 15 demain ? J'ai oublié de payer la taxe d'habitation. Comment on va faire si je trouve pas une solution pour le mois de décembre ? Oh là là, décembre... Ca me fait penser à Noël. Faut surtout pas penser à Noël, sinon je ne vais jamais me rendormir. Je veux pas penser à Noël. D'ailleurs, je n'y pense pas. Je ne pense pas du tout à Noël. Pense à un truc agréable, Céleste. Avec qui je vais déjeuner, demain ? Je sais pas. Personne m'appelle. J'ai plus d'amis. Je suis vieille, je dors avec un soutif, j'ai le ventre mou et j'ai plus d'amis. Ma vie est finie. Non non non, un truc agréable on a dit. Oh putain, faut que je me rendorme. Faut que je me rendorme sinon je ne vais pas y arriver demain...
03h58. Hein, quoi ? Il est quelle heure, là ? C'est le matin ? Putain, quatre heures ! Mais c'est pas vrai, c'est un truc de ouf ! C'est un test ou quoi ? C'est le Truman Show, là ? J'en peux plus. Je vais pas tenir une nuit de plus sans dormir. Peut-être que j'ai plus de lait ? Elle a faim ? Et si je lui remets juste la tétine ? Ah, elle se rendort.
04h36. Hein, quoi ? Cette fois, c'est le matin. Putain, quatre heures et demi ! Mais au secours ! Je lui remets la tétine et je me rendors. Je crois qu'il est temps de passer au biberon. Demain, je m'occupe de commander le tire-lait. Le tire-lait... Je crois qu'on peut dire que là, je touche vraiment le fond. Allez, ne pense à rien et dors... Et si je faisais une soupe de potimarron, demain ? Ou alors, je vais voir l'expo Salgado à la MEP. Faut vraiment que je fasse quelque chose de mes journées. Faut que je stimule un peu mon intellect, parce que là, je pense que j'ai l'activité cérébrale d'une huître. En même temps, je dis ça, mais c'est peut-être très intelligent une huître. Quoi que non. Sinon, elles auraient développé un truc pour éviter de se faire bouffer vivantes. C'est vraiment horrible comme mort. On se demande comment une espèce aussi nulle du point de vue de l'évolution a pu survivre aussi longtemps. Rendors-toi, Céleste. Rendors-toi. C'est fou comme je suis en colère contre le monde entier. Enfin le monde entier, je me comprends. Allez, ne pense pas à Noël. On verra bien le moment venu. Dors.
05h03. Hein, quoi ? Il est quelle heure, là ? Putain, cinq heures ! Achevez-moi. Oh là là, elle fait des prouts énormes. Elle a mal au ventre. C'est à cause de mon lait ? Peut-être qu'il y a trop de lactose ? Faudrait que j'aille regarder sur Internet si c'est possible, ça. Y en a beaucoup des enfants qui se réveillent toutes les heures à trois mois et demi ? La prochaine fois que quelqu'un me dit « Moi, il a fait ses nuits à 15 jours. », je lui plante un clou rouillé dans les yeux. Ah oui et aussi : « Moi, je le posais et il s'endormait. » Rhaaaaa, je hais les gens. Je hais tous ces enfants qui s'endorment en un clin d'oeil et qui ne se réveillent pas de la nuit. Je suis une mauvaise mère. Je crois que le Brun va me quitter, c'est clair. Il va me quitter parce que j'ai le ventre mou et que je passe mon temps à jouer sur mon téléphone. Il me dit qu'il m'aime, mais c'est parce qu'il n'assume pas son envie de me quitter. Salaud. C'est quand même pas de ma faute, si je mange trop de brioche. J'aurais jamais dû acheter cette brioche pour le goûter. En même temps, y avait pas tromperie sur la marchandise : brioche au beurre et à la crème fraîche. Mais qu'est-ce qui m'a pris ? Faut absolument que je me remette à faire du sport. A partir de demain, déjà, je prends plus les escalators. Sauf à Goncourt. L'escalier de Goncourt, il est pas humain. Mais putain, dors ! Ne pense plus à rien.
07h30. Bon, là elle a faim, c'est clair. J'espère qu'elle va se rendormir après. Je vais pas survivre, si elle ne se rendort pas. Heureusement que le Pois chiche n'est pas là, je sais pas comment je ferais. De toute façon, aujourd'hui, je vais acheter un biberon. Ou louer un tire-lait. Ou je disparais. Je prends un aller simple pour la pampa et je laisse le Brun se débrouiller avec les deux. Je me vois bien en short khahi, comme Indiana Jones. Mmmmh, Harrison Ford dans Indiana Jones... Qu'est-ce qu'il était sexy quand même. Et Sean Connery dans Pas de Printemps pour Marnie... Poilu, mais sexy. Faut absolument que je prenne rendez-vous à l'Institut. Oh, elle se rendort... Qu'est-ce qu'elle sent bon, quand même. Cette odeur, ça donne envie de la manger. Qu'est-ce qu'elle est belle ! Ah ah ah, elle a les bajoues posées sur mon bras. On dirait Louis-Philippe. Allez, je la repose. Avec un peu de chance, elle va me laisser dormir jusqu'à neuf heures.

Bref, j'ai eu un bébé.

18.4.13

Lectures du jour, bonjour !



Ces derniers temps, il m'est arrivé un truc assez incroyable...Je me suis remise à lire. Ce qu'il faut savoir, c'est que j'ai longtemps été une dévoreuse de livres. Tu connais l'histoire de L'Extraordinaire garçon qui dévorait les livres ? Eh bien moi, j'étais ce petit garçon-là. Mais en fille. Je lisais devant mon bol de chocolat au lait, je lisais en faisant couler l'eau au lieu de me laver les dents, je lisais dans le bus qui m'emmenait au lycée, je lisais en classe, je lisais aux toilettes pendant des heures, je lisais en laissant couler l'eau au lieu de me doucher, je lisais à la lumière vacillante de ma lampe de poche quand tout le reste de la maison dormait, je lisais dans la voiture sur le chemin des vacances, je lisais en marchant dans la rue... Je me souviens d'une rentrée où la prof de français nous avait demandé de faire la liste de nos lectures des grandes vacances. Sur la mienne, il y avait : "Tout Pagnol. Tout Colette. Tout Zola." Je me souviens aussi être allée me plaindre chez le proviseur après avoir été surprise en pleine lecture pendant le cours de physiques. Non pas pour l'avertissement, qui me paraissait tout à fait justifié, mais parce que la prof m'avait confisqué mon livre et que je voulais à tout prix savoir comment s'achevait la Journée d'Ivan Denissovitch !

Et puis le Pois chiche est arrivé. Et puis j'ai trouvé un bureau à 10 minutes à pied de chez moi. Et puis, je me suis rendu compte que pour la première fois de ma vie, je n'avais aucune lecture en cours.

Depuis quelques temps, je m'y suis remise. Peut-être parce que j'ai changé de bureau et que je prends à nouveau le bus. J'ai plus de mal qu'avant à entrer dans un livre un peu ardu, mais je suis quand même sur la bonne voie. Ce qui m'a permis de faire quelques belles découvertes...

Confessions d'un gang de filles - Joyce Carol Oates

Dans l'Amérique des années 50, cinq adolescentes décident de former un gang pour punir les hommes - l'Ennemi - et s'affranchir du joug des adultes.
Autant j'avais eu du mal à rentrer dans Blonde, la biographie romancée de Marilyn Monroe, autant j'ai adoré celui-ci. Joyce Carol Oates (magistralement traduite par Michèle Lévy-Bram) décrit avec une justesse incroyable la confrontation entre une réalité sordide et la soif d'absolu de l'adolescence. On ne peut que s'attacher à ces filles avides d'amour, violentes, fragiles et impitoyables...

1Q84 - Haruki Murakami

Je ne te résume pas l'histoire, d'abord parce que ça me prendrait des plombes et ensuite, parce que j'aurais peur d'en dire trop.
Disons juste que j'adore cette idée - omniprésente chez Murakami - qu'il suffit de franchir un "passage" pour accéder à un monde parallèle dans lequel la réalité est mouvante et protéiforme. Cet univers, qui n'est pas sans rappeler les films de Miyazaki, est un peu le négatif de celui de Walt Disney. Ici, il n'existe pas de véritable frontière entre le bien et le mal et la rédemption, si rédemption il y a, a forcément un prix.
Dans l'ensemble, c'est vraiment prenant. J'ai juste trouvé le 2ème tome un peu en dessous. Faut dire qu'il y a quand même 3 tomes de plus de 500 pages chacun. C'est un peu comme quand je vais voir un film de trois heures au ciné : j'ai toujours l'impression que finalement, il aurait gagné à être un chouïa plus court...

Serena - Ron Rash

Etats-Unis, années 30. Pemberton est un homme ambitieux qui dirige son exploitation forestière sans états d'âme. Mais son épouse, Serena, veut plus, elle veut bâtir un empire. Pour réaliser son rêve, elle est prête à raser les forêts de Caroline du Nord et à exploiter ses ouvriers jusqu'au trognon. Et il n'est pas question de laisser quiconque se mettre en travers de sa route.
Un livre magnifique, qui s'inscrit pour moi dans la lignée des plus grands auteurs américains, à commencer par Faulkner...
Je te laisse lire une bonne critique et une interview de l'auteur là : http://planete-polars.blog.leparisien.fr/archive/2010/12/31/serena-le-chef-d-oeuvre-de-ron-rash.html

Sang noir - Jean-Luc Loyer

Une BD sur la plus grande catastrophe minière française, à Courrières, en 1906. Le matin du drame, 1664 mineurs descendent dans les galeries : ils seront moins de 600 à remonter à la surface. Le sujet est poignant et le récit est ultra documenté, c'est passionnant. Si toi aussi, tu as été ébloui par Germinal, tu ne dois pas passer à côté de Sang noir...

Et sinon, là, je relis un polar d'Henning Mankell. J'ai rapidement eu comme une vague impression de déjà-vu qui s'est confirmée au fil des pages... Heureusement, grâce à ma mémoire de poisson rouge, il s'avère que je n'en garde absolument aucun souvenir. Et même si ma vie en dépendait, je serais bien incapable de te dire qui est le meurtrier. Henning, si tu lis ces lignes, pardonne-moi.

1.4.13

Bonne semaine !








Si toi aussi, tu veux apprendre les jours de la semaine en anglais et stresser le dimanche parce que t'as oublié de passer le lundi à la machine, tu peux trouver les mêmes slips que le Pois chiche chez Gap...

11.3.13

Harmonie familiale

Ma mère est une sainte. En cette période bénie des vacances scolaires, elle a emmené le Pois chiche passer des moments privilégiés avec ses cousins et cousines. Pour une fois, le Brun et moi avons réussi à exploiter avec brio le temps libre qui nous était ainsi gracieusement offert. Un peu au théâtre, un peu au cinéma, un peu dans les musées, un peu dans les restos parisiens avec d'autres parents en permission et beaucoup dans les bras accueillants de Morphée. Une parenthèse de bonheur d'autant plus décomplexée qu'elle était totalement partagée. Le nain - qui m'avait tout de même porté un coup au coeur en me soufflant d'un ton pathétique : "Tu vas beaucoup me manquer, maman. Je penserai à toi tous les jours..." avant de partir - semblait pourtant avoir chaque jour un peu moins de temps à m'accorder. Après avoir commencé par interrompre de façon un peu cavalière nos conversations téléphoniques quotidiennes : "Allez, je te fais des bisous, maman...", il s'est mis à m'écouter d'une oreille de plus en plus distraite - voire à lâcher le téléphone et à s'en aller sans prévenir. Enfin, le dernier jour, quand je lui ai suggéré d'interrompre son film le temps de me raconter sa journée, j'ai eu droit à un lapidaire : "Je te raconterai demain, ok ?"

Ma mère est une sainte, c'est vrai. Mais je lui ai fait un cadeau empoisonné. Tu comprends, depuis quelques temps, le Pois chiche voue une passion sans borne à la Série des P'tites Poules. Si tu ne connais pas, je te conseille vivement de les lire ou de les faire lire à ta progéniture. C'est malin, c'est drôle et c'est bourré de jeux de mots et de références historiques, littéraires et picturales - hélas pas toujours immédiatement accessibles aux tous petits. Dans "Pas de poules mouillées au poulailler", nos amies les p'tites poules mettent en déroute une bande de fouines et célèbrent leur victoire en chantant "Allons enfants de la batterie..." Evidemment, à ce stade de la lecture, il faut brailler sur l'air de la Marseillaise. Emportée par mon enthousiasme, j'ai chanté tout le premier couplet au Pois chiche, qui l'a - hélas - très bien retenu. Et qui la chante désormais à longueur de journées (sauf quand il chante le générique de l'Araignée, son autre passion du moment).

Ma mère est une sainte, je ne le répéterai jamais assez. Mais la Marseillaise à haute dose pendant une semaine a failli avoir raison de sa santé mentale (ainsi que de celle de toute la famille). D'ailleurs, c'est bien simple, au bout de deux jours, tout le monde chantonnait l'hymne national jusque dans les toilettes...


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Ma mère est une sainte, tu le sais. Mais sa vengeance a quand même été diabolique. Heureusement que le Pois chiche repartait dès ce matin chez son grand-père paternel, parce que je fredonne déjà l'Internationale en boucle. Dieu seul sait ce qu'il va nous chanter au retour...