"C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule."


10.3.11

Shakespeare in love


 Attends que je te raconte ma soirée d'hier ! Comme tu le sais peut-être - ou pas -, les enfants c'est que du bonheur. Enfin, c'est que du bonheur et c'est aussi la fin de toute vie culturelle digne de ce nom. Tu rêves d'aller voir l'Othello de Thomas Ostermeier, le concert de Staff Benda Bilili au Cabaret Sauvage, ce film franco-mexicain avec le beau Gael Garcia Bernal qui se joue juste à côté de chez toi ? Réjouis-toi, car ce soir tu auras le choix entre un énième visionnage des Barbapapa et... un énième visionnage des Barbapapa. Cornélien, n'est-il pas ?
Sauf que... Hier, tandis que le pois chiche et le brun passaient un moment privilégié entre hommes, je suis allée voir "TIMON D'ATHENES" à la Maison des Métallos (un lieu à découvrir de toute urgence si tu passes à Paris). La pièce elle-même - librement adaptée par la traductrice Sophie Couronne - est incroyable de modernité, comme toute l'oeuvre de Shakespeare. Une histoire intemporelle d'amitié, de trahison, d'amertume et de vengeance emmenée à 100 à l'heure par Denis Lavant, dans le rôle de Timon, Marie Payen, Casey, méconnaissable dans la peau du philosophe misanthrope Apemantus, D' de Kabal et surtout Mike Ladd, un slameur new-yorkais à qui je voue désormais un véritable culte (je crois bien que je vais mettre un poster de lui dans ma chambre). Mais la mise en scène de Razerka Ben Sadia-Lavant est également extraordinaire. Le décor est réduit à sa plus simple expression : quatre micros disposés en cercle, comme pour une battle, un portant chargé de costumes et un canapé qui fait office de coulisses. Aucun artifice, donc, à part la présence de Doctor L., un musicien polyinstrumentaliste qui accompagne les comédiens à la batterie et à la guitare pendant tout le spectacle.
Alors si tu aimes Shakespeare, vas-y. Si tu aimes le rap et le spoken word, vas-y. Et si tu n'aimes ni l'un ni l'autre, vas-y quand même. C'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de voir un texte centenaire chevaucher ainsi les genres et les générations pour prendre valeur de message universel.
(Attention, à Paris, ça ne se joue que jusqu'au 12 mars, c'est-à-dire samedi prochain)

(C'est beau, c'est Mike)

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