"C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule."


14.2.11

De la folie et de l'omniscience

Samedi matin, déjeuner hebdomadaire chez le Chinois du coin en tête à tête avec le pois chiche. Le nain étant par nature réfractaire à toute sorte d'innovation, il commande exactement le même menu toutes les semaines : boulettes de poulet caramel, riz et salade de fruits, si tu veux tout savoir. Le lendemain, petit déj. à l'Etoile manquante. Un bar très chouette, baigné dans la pénombre, avec une déco entre cabinet de curiosités et expo scientifique et un joli mur de miroirs. En plus, le pois chiche est VIP là-bas (il y va tous les soirs avec son père boire une grenadine)... Enfin, c'est certainement le seul bar du Marais où tu ne fais pas la queue le dimanche matin. Pour tout te dire, attendre des heures sous la pluie, ça me coupe un peu l'appétit. A 28 euros le brunch, c'est dommage.

 

 
On a enchaîné sur les photos d'Hervé Guibert et celles de Marc Trivier à la Maison Européenne de la Photo. Celles du premier ne m'ont pas intéressée plus que ça. Bon, faut dire aussi que la voix pointue du pois chiche dans la salle bondée et minuscule : "Et pourquoi il est tout nu, le monsieur ?" devant la photo d'un type à poil dans sa baignoire, ça m'a un peu fait accélérer le pas... Mais j'ai quand même été très touchée par le livre-objet "Suzanne et Louise". Des photos de ses deux vieilles tantes accompagnées de petits textes. Ça m'a donné envie de lire A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie



Quant à Marc Trivier, je n'ai pas accroché sur les photos des abattoirs, qui occupent une bonne partie de l'expo, pour les mêmes raisons que citées précédemment (2 ans et demi, c'est un peu tôt pour comprendre le principe de la chaîne alimentaire, non ?). Par contre, j'ai adoré ses portraits !
J'ai enchaîné sur Black Swan. Je me suis tellement contractée et recroquevillée, que j'en suis sortie toute tremblante (mon voisin avait l'air aussi flippé que moi. Il a passé une partie du film à rentrer la tête dans son pull pour ne pas voir ;-) Mais au final, je trouve que c'est un très beau film sur la folie. La folie de cette danseuse déforme la réalité comme un filtre. Impossible de savoir si les gens qui l'entourent sont vraiment sadiques, intéressés, manipulateurs, étouffants, etc. ou si c'est uniquement la vision qu'elle a d'eux. Bref, un film très perturbant.


 Et pour finir la journée en beauté, un petit concert de rue. Le chanteur est un vieil américain avec un accent à couper au couteau qui chante des standards de jazz (en particulier, une super reprise de What a wonderful world) J'adore. Par contre, j'ai moins aimé quand le pois chiche a commencé à me demander le nom des instruments et que je n'ai pas été capable de lui en citer un seul correctement. "Ça, c'est une trompette." "Euh no, it's a cornet," m'a gentiment repris le monsieur. "Et ça, c'est un hautbois." "Actually, that's a clarinet." Après, j'ai attendu qu'il soit occupé à chanter pour pouvoir dire des conneries tranquilles. Nan mais oh, le nain me croit encore omnisciente, figure-toi !

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