"C’est pas parce qu’on n’a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule."


11.3.13

Harmonie familiale

Ma mère est une sainte. En cette période bénie des vacances scolaires, elle a emmené le Pois chiche passer des moments privilégiés avec ses cousins et cousines. Pour une fois, le Brun et moi avons réussi à exploiter avec brio le temps libre qui nous était ainsi gracieusement offert. Un peu au théâtre, un peu au cinéma, un peu dans les musées, un peu dans les restos parisiens avec d'autres parents en permission et beaucoup dans les bras accueillants de Morphée. Une parenthèse de bonheur d'autant plus décomplexée qu'elle était totalement partagée. Le nain - qui m'avait tout de même porté un coup au coeur en me soufflant d'un ton pathétique : "Tu vas beaucoup me manquer, maman. Je penserai à toi tous les jours..." avant de partir - semblait pourtant avoir chaque jour un peu moins de temps à m'accorder. Après avoir commencé par interrompre de façon un peu cavalière nos conversations téléphoniques quotidiennes : "Allez, je te fais des bisous, maman...", il s'est mis à m'écouter d'une oreille de plus en plus distraite - voire à lâcher le téléphone et à s'en aller sans prévenir. Enfin, le dernier jour, quand je lui ai suggéré d'interrompre son film le temps de me raconter sa journée, j'ai eu droit à un lapidaire : "Je te raconterai demain, ok ?"

Ma mère est une sainte, c'est vrai. Mais je lui ai fait un cadeau empoisonné. Tu comprends, depuis quelques temps, le Pois chiche voue une passion sans borne à la Série des P'tites Poules. Si tu ne connais pas, je te conseille vivement de les lire ou de les faire lire à ta progéniture. C'est malin, c'est drôle et c'est bourré de jeux de mots et de références historiques, littéraires et picturales - hélas pas toujours immédiatement accessibles aux tous petits. Dans "Pas de poules mouillées au poulailler", nos amies les p'tites poules mettent en déroute une bande de fouines et célèbrent leur victoire en chantant "Allons enfants de la batterie..." Evidemment, à ce stade de la lecture, il faut brailler sur l'air de la Marseillaise. Emportée par mon enthousiasme, j'ai chanté tout le premier couplet au Pois chiche, qui l'a - hélas - très bien retenu. Et qui la chante désormais à longueur de journées (sauf quand il chante le générique de l'Araignée, son autre passion du moment).

Ma mère est une sainte, je ne le répéterai jamais assez. Mais la Marseillaise à haute dose pendant une semaine a failli avoir raison de sa santé mentale (ainsi que de celle de toute la famille). D'ailleurs, c'est bien simple, au bout de deux jours, tout le monde chantonnait l'hymne national jusque dans les toilettes...


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Ma mère est une sainte, tu le sais. Mais sa vengeance a quand même été diabolique. Heureusement que le Pois chiche repartait dès ce matin chez son grand-père paternel, parce que je fredonne déjà l'Internationale en boucle. Dieu seul sait ce qu'il va nous chanter au retour...